|
mardi, 08 mars 2005 |
|
Page 4 of 4
Questions ? réponses...
Comment définir la grande prématurité ?
La prématurité n'est pas
définie le poids, mais par la durée de la gestation. Un prématuré est
un bébé né avant 37 semaines d'aménorrhée (la période écoulée depuis
les dernières règles). Un grand prématuré est un bébé né avant 33
semaines. A moins de 28 semaines, on parle de très grand prématuré. La
limite de viabilité se situe à 23-24 semaines.
Dans quelles conditions l'activité professionnelle est-elle un facteur de risque ?
L'activité professionnelle diminue le risque de grande prématurité (par rapport à l'inactivité ou au chômage).
En revanche, certains travaux pénibles l'augmentent (travail debout, port de charges lourdes, ou travail physique intense).
Les experts recommandent
donc que les femmes les plus exposées puissent bénéficier de la loi sur
l'aménagement du poste de travail, sinon d'un congé prénatal plus
précoce.
Quel est le rôle éventuel des facteurs psychologiques ?
Les événements de vie
perçus comme stressants pendant la grossesse, de même que les facteurs
de stress chronique, ou l'existence de symptômes dépressifs augmentent
les risques de prématurité. On connaît toutefois moins bien leurs
conséquences sur la grande prématurité.
Les experts estiment que
des études en ce sens sont nécessaires. Ils proposent aussi une
évaluation des interventions de nature psychologique en cas de menace
d'accouchement prématuré.
Quel est le rôle éventuel du tabac et de l'alcool ?
Les consommations de tabac
ou d'alcool peuvent avoir des effets néfastes sur le développement du
fœtus, mais elle n'apparaissent pas comme des causes de prématurité,
pas plus qu'aucun autre facteur nutritionnel.
Quel est, pour le fœtus, le risque cérébral le plus grave induit par la grande prématurité ?
C'est la leucomalacie
périventriculaire. Il s'agit dune nécrose de la substance blanche du
cerveau autour des ventricules cérébraux qui atteint environ 10 % des
grands prématurés. Les causes de cette affection sont encore mal
connues, mais la présence dune infection materno-fœtale joue un rôle
important dans sa survenue. La leucomalacie périventriculaire est
responsable de la majorité des séquelles de la prématurité, avec des
atteintes neurologiques majeures, motrices et intellectuelles.
Une meilleure connaissance
de la physiopathologie de la leucomalacie permet aujourd'hui de lancer
des recherches capitales pour développer des traitements
neuroprotecteurs, tels que le sulfate de magnésium et les anti-radicaux
libres.
Le rapport d'expertise est
publié sous le titre "Grande prématurité, dépistage et prévention du
risque", aux Editions de l'INSERM, collection Expertise collective, 275
pages, 120 F.
Tél :01 44 23 60 81.
Contact pour le service de presse de l'INSERM: Tél: 01 44 23 60 84.
|
|
Last Updated ( mardi, 08 mars 2005 )
|