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Page 1 of 4 Mieux maîtriser les facteurs de
risque en contrôlant davantage les traitements de l'infécondité et en
luttant contre l'infection maternelle, renforcer la surveillance et la
prise en charge des menaces d'accouchement prématuré en développant
l'échographie endovaginale, améliorer la survie du grand prématuré en
appliquant plus largement le traitement corticoide anténatal, organiser
l'orientation des femmes à risque vers des structures spécialisées,
dans le cadre de la régionalisation des soins, telles sont les
principales conclusions du rapport d'expertise collective sur le
dépistage et la prévention de la grande prématurité, réalisé par
l'INSERM à la demande de la Direction générale de la Santé...Un problème de santé publique
La grande prématurité
concerne chaque année en France 9 000 enfants qui naissent avant 33
semaines d'âge gestationnel (entre 5 mois 1/2 et 7 mois de grossesse).
Sur 750 000 naissances annuelles, la grande prématurité représente donc
1,2% des naissances et ce pourcentage augmente depuis quelques années
avec les modifications des pratiques médicales et l'amélioration du
recueil des déclarations de naissances très précoces.
Les progrès dans la prise en charge des grands prématurés ont permis
d'obtenir une augmentation très importante du nombre d'enfants
survivants. Cette augmentation s'accompagne d'un accroissement du
nombre d'enfants survivants sans handicap, mais aussi du nombre
d'enfants avec handicap. La grande prématurité est à l'origine de 30%
des séquelles psychomotrices et sensorielles majeures observées dans la
petite enfance.
La Direction générale de la Santé (DGS) a demandé une expertise
collective à l'INSERM pour mieux cerner les causes de l'augmentation de
la grande prématurité et envisager de nouvelles mesures de prévention. Des facteurs de risque à contrôler
Le groupe d'experts a
identifié, parmi les facteurs de risque de grande prématurité, ceux
qui, telles les grossesses multiples et les infections maternelles,
pourraient faire l'objet d'actions de prévention.
LES GROSSESSES MULTIPLES
Les grossesses multiples
(jumeaux, triplés, etc.) augmentent le risque de grande prématurité de
10 à 50 fois. Ces grossesses sont en augmentation depuis quelques
années, notamment en raison d'un accroissement des traitements de
l'infécondité.
Ainsi, ces traitements
pourraient être la cause d'environ 7 % de la grande prématurité. Il
semble nécessaire qu'une enquête soit menée pour apprécier la pratique
et les résultats des traitements de l'infécondité, en particulier par
stimulation ovarienne.
Les experts estiment que le
pourcentage de grande prématurité lié à ces traitements pourrait être
réduit de moitié. Ils demandent que le nombre d'embryons transférés en
cas d'utilisation de la fécondation in vitro (FIV) soit en règle
générale limité à deux. LES INFECTIONS MATERNELLES
Autre cause fréquente des accouchements très prématurés: les infections.
Les infections urinaires
asymptomatiques sont présentes chez environ 5% des femmes enceintes et
les infections vaginales chez 10 à 15%. Elles peuvent contaminer le
liquide amniotique. Elles doublent le risque de prématurité. Les
experts recommandent de rechercher une infection vaginale ou urinaire
devant toute menace d'accouchement prématuré.
Un traitement antibiotique
doit être systématiquement instauré en cas de rupture prématurée des
membranes (perte des eaux). Un dépistage systématique des infections
chez toutes les femmes enceintes ne peut pas actuellement être
préconisé. Des recherches sont nécessaires pour évaluer le bénéfice
qu'aurait une telle politique de santé publique.
LES AUTRES FACTEURS DE RISQUE
Sont aussi considérées
comme des femmes à risque celles qui ont déjà fait un accouchement
prématuré, des fausses couches ou des IVG répétées.
Enfin, 0,2 % des femmes en
France n'ont aucun suivi médical pendant leur grossesse, et 1 % n'ont
pas les quatre consultations correspondant au suivi normal de la
grossesse. Pour ces femmes peu ou pas suivies, le risque de prématurité
est multiplié par dix. L'absence de couverture sociale est associée à
un risque plus élevé de prématurité.
Les experts recommandent
que pour les femmes sans couverture sociale, même en situation
irrégulière, un accès à la surveillance de la grossesse soit facilité.
Des actions ont déjà eu lieu dans ce sens en Ile-de-France.
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