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La grande prématurité PDF Print E-mail
mardi, 08 mars 2005
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La grande prématurité
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Mieux maîtriser les facteurs de risque en contrôlant davantage les traitements de l'infécondité et en luttant contre l'infection maternelle, renforcer la surveillance et la prise en charge des menaces d'accouchement prématuré en développant l'échographie endovaginale, améliorer la survie du grand prématuré en appliquant plus largement le traitement corticoide anténatal, organiser l'orientation des femmes à risque vers des structures spécialisées, dans le cadre de la régionalisation des soins, telles sont les principales conclusions du rapport d'expertise collective sur le dépistage et la prévention de la grande prématurité, réalisé par l'INSERM à la demande de la Direction générale de la Santé...Un problème de santé publique

La grande prématurité concerne chaque année en France 9 000 enfants qui naissent avant 33 semaines d'âge gestationnel (entre 5 mois 1/2 et 7 mois de grossesse).

Sur 750 000 naissances annuelles, la grande prématurité représente donc 1,2% des naissances et ce pourcentage augmente depuis quelques années avec les modifications des pratiques médicales et l'amélioration du recueil des déclarations de naissances très précoces.

Les progrès dans la prise en charge des grands prématurés ont permis d'obtenir une augmentation très importante du nombre d'enfants survivants. Cette augmentation s'accompagne d'un accroissement du nombre d'enfants survivants sans handicap, mais aussi du nombre d'enfants avec handicap. La grande prématurité est à l'origine de 30% des séquelles psychomotrices et sensorielles majeures observées dans la petite enfance.

La Direction générale de la Santé (DGS) a demandé une expertise collective à l'INSERM pour mieux cerner les causes de l'augmentation de la grande prématurité et envisager de nouvelles mesures de prévention.

 

  Des facteurs de risque à contrôler

Le groupe d'experts a identifié, parmi les facteurs de risque de grande prématurité, ceux qui, telles les grossesses multiples et les infections maternelles, pourraient faire l'objet d'actions de prévention.

LES GROSSESSES MULTIPLES
Les grossesses multiples (jumeaux, triplés, etc.) augmentent le risque de grande prématurité de 10 à 50 fois. Ces grossesses sont en augmentation depuis quelques années, notamment en raison d'un accroissement des traitements de l'infécondité.
Ainsi, ces traitements pourraient être la cause d'environ 7 % de la grande prématurité. Il semble nécessaire qu'une enquête soit menée pour apprécier la pratique et les résultats des traitements de l'infécondité, en particulier par stimulation ovarienne.
Les experts estiment que le pourcentage de grande prématurité lié à ces traitements pourrait être réduit de moitié. Ils demandent que le nombre d'embryons transférés en cas d'utilisation de la fécondation in vitro (FIV) soit en règle générale limité à deux.

 LES INFECTIONS MATERNELLES
Autre cause fréquente des accouchements très prématurés: les infections.
Les infections urinaires asymptomatiques sont présentes chez environ 5% des femmes enceintes et les infections vaginales chez 10 à 15%. Elles peuvent contaminer le liquide amniotique. Elles doublent le risque de prématurité. Les experts recommandent de rechercher une infection vaginale ou urinaire devant toute menace d'accouchement prématuré.
Un traitement antibiotique doit être systématiquement instauré en cas de rupture prématurée des membranes (perte des eaux). Un dépistage systématique des infections chez toutes les femmes enceintes ne peut pas actuellement être préconisé. Des recherches sont nécessaires pour évaluer le bénéfice qu'aurait une telle politique de santé publique.

LES AUTRES FACTEURS DE RISQUE
Sont aussi considérées comme des femmes à risque celles qui ont déjà fait un accouchement prématuré, des fausses couches ou des IVG répétées.
Enfin, 0,2 % des femmes en France n'ont aucun suivi médical pendant leur grossesse, et 1 % n'ont pas les quatre consultations correspondant au suivi normal de la grossesse. Pour ces femmes peu ou pas suivies, le risque de prématurité est multiplié par dix. L'absence de couverture sociale est associée à un risque plus élevé de prématurité.
Les experts recommandent que pour les femmes sans couverture sociale, même en situation irrégulière, un accès à la surveillance de la grossesse soit facilité. Des actions ont déjà eu lieu dans ce sens en Ile-de-France.


Last Updated ( mardi, 08 mars 2005 )
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