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Page 1 of 2 L’équipe est
constituée depuis le premier janvier 2005 autours de 4 thèmes de
recherches majeures visant tous à progresser vers la thérapie des
maladies mitochondriales à travers une meilleure compréhension des
mécanismes qui les sous-tendent... Les
maladies mitochondriales réunissent un ensemble extraordinairement
varié de pathologies qui surviennent depuis la vie intra-utérine
jusqu’à la fin de la vie. La génétique de ces maladies est rendue
complexe par la double origine génétique des composants des
mitochondriaux, codés soit par des gènes nucléaires, soit par les gènes
portés par l’ADN mitochondrial. Du fait du (des) rôle(s) majeure(s)
joué par les mitochondries dans toutes les cellules de l’organisme, les
atteintes concernent tous les organes, isolément ou en association. Au
premier plan des atteintes les plus fréquentes et les plus graves
figurent les atteintes neurologiques cérébrales, justifiant pleinement
notre rattachement à l’Unité 676 de l’INSERM nouvellement crée, qui
réunit des compétences permettant d’aborder différents aspects de la
pathophysiologie du cerveau en développement.
Structure
et fonction des mitochondries ont donné lieu à des études considérables
dans les années 1950-1970 permettant une description détaillée de
celles-ci. La fin du siècle dernier a vu les études génétiques et
moléculaires permettrent des avancées considérables dans le domaine des
maladies impliquant ces organites cellulaires, sans pour autant
répondre à l’attente majeure des familles d’une (de) thérapie(s) de ces
maladies. Ce dernier aspect constitue désormais un défit majeur qui
justifie la constitution de notre équipe de recherche.
L’étude et l’utilisation du modèle de souris Harlequin
(The Harlequin mouse, a model for understanding and treating mitochondrial complex I-related disease)
Les
mitochondries jouent un rôle essentiel dans la production de l’énergie
cellulaire à travers la phosphorylation oxydative, processus qui engage
les cinq complexes multi-protéiques de la chaîne respiratoire. La
NADH :ubiquinone oxydoréductase (complexe I) est un très gros
complexe
de plus de 45 sous-unités qui catalyse le transfert d’électrons entre
le NADH formé dans la matrice mitochondriale et le pool d’ubiquinone de
la chaîne respiratoire. Les déficits en complexe I représentent plus de
30% des déficits de la chaîne respiratoire chez l’homme et constituent
par conséquent les cytopathies mitochondriales les plus fréquentes. Le
spectre clinique des patients déficitaires en complexe I inclut:
syndrome de Leigh, retard de croissance, rétinite pigmentaire, atrophie
optique progressive, ataxie cérébelleuse et cardiomyopathie
hypertrophique. Le caractère progressif de ces symptômes laisse
envisager qu’on puisse en entraver la dramatique évolution, mais à ce
jour, et malgré les grandes avancées auxquelles nous avons assisté dans
la compréhension des bases moléculaires des déficits en complexe I de
la chaîne respiratoire chez l’homme, aucune réelle thérapie ne peut
être proposée. Cela provient clairement du fait que les évènements
cellulaires associés au déficit en complexe I sont encore mal compris.
Le peu d’avancées dans ce domaine s’explique notamment par l’absence de
modèle animal crédible de déficit en complexe I de la chaîne
respiratoire. Dans ce contexte, nous avons récemment établi que la
souris Harlequin (Hq) présente un déficit sévère en complexe I de la
chaîne respiratoire, offrant pour la première fois la possibilité
d’étudier les mécanismes cellulaires associés au déficit du complexe I
et d’entreprendre des études thérapeutiques. La souris Hq a d’abord été
décrite comme un mutant spontané lié au chromosome X avec des anomalies
apparentes du pelage. Depuis, il a été montré plus récemment qu’elle
présentait également une atrophie optique,une rétinite pigmentaire, une
ataxie cérébelleuse et un retard de croissance, caractéristiques très
proches des symptômes cliniques observés chez les patients déficitaires
en complexe I. Le phénotype Hq est lié à une insertion provirale dans
le gène codant pour AIF (Apoptosis-Inducing Factor), dont l’expression
se trouve réduite d’environ 80%. AIF est une protéine de l’espace
intermembranaire mitochondrial susceptible, après relargage dans le
cytosol, d’induire l’apoptose indépendamment de la voie des
caspases ;
la compréhension des propriétés apoptogéniques d’AIF a ainsi suscité un
grand nombre d’études ces dernières années. Cependant, l’inhibition
d’AIF induit aussi un stress oxydatif dont nous avons montré récemment
qu’il était associé à un profond déficit en complexe I, faisant le lien
entre le phénotype Hq et les déficits de la chaîne respiratoire
mitochondriale. L’objectif de notre projet est de tirer parti de la
souris Hq à la fois pour caractériser les conséquences d’un déficit en
complexe I, et pour engager parallèlement des essais thérapeutiques par
approches pharmacologique et génique destinées à entraver le processus
dégénératif et l’ataxie in vivo. Les critères comportementaux,
histo-morphologiques et biochimiques de la souris Hq seront étudiés en
détail et utilisés pour évaluer les effets potentiels d’une série de
molécules. Parallèlement, le gène de S. Cerevisiae codant pour
la NADH-quinone oxydoréductase interne roténone-insensible, dont il a
récemment été montré qu’elle pouvait compenser la fonction de transfert
d’électron du complexe I à la fois ex vivo dans des cellules humaines
et in vivo chez les rongeurs, sera utilisé comme outil thérapeutique
pour remplacer le complexe I déficitaire dans la souris Hq.
L’étude
du contrôle de la prolifération et de la mort cellulaire par les voies
mitochondriales à travers l’étude de la tumorigenèse induite par le
déficit en succinate déshydrogénase
Notre
équipe travaille depuis des années sur les maladies mitochondriales de
l’enfant. En 1994 nous montrions pour la première fois l’implication
d’un déficit dans un des gènes d’une enzyme du cycle de Krebs, la
fumarase, dans des encéphalopathies gravissimes de l’enfant. Forts de
cette première découverte, dès 1995 nous avons pu identifier une autre
enzyme du cycle de Krebs, la succinate deshydrogénase dont un déficit
d’origine génétique provoque les mêmes syndromes chez les patients.
Bien
plus tard en 2000 et 2002, deux équipes, travaillant l’une sur des
paragangliomes et des pheocromocytomes, l’autre sur des leiomyomes,
fibromes et cancers du rein ont mis en évidence des phénomènes de perte
d’hétérozygotie avec les gènes de ces deux même enzymes. En 2001 au
travers d’une collaboration avec l’équipe de Xavier Jeunemaître, nous
avons montré que la formation de tumeurs provoquées par la perte
d’hétérozygotie d’un des gènes de la succinate deshydrogénase
conduisaient à une augmentation de l’expression de facteurs
angiogéniques. Depuis, bien des chercheurs ont formulé différentes
hypothèses pour expliquer le lien entre la formation de tumeurs et leur
origine métabolique, mais peu si ce n’est aucune preuve scientifique
n’a été à ce jour publiée. Ce n’est qu’il y a quelques mois que nous
avons mis en évidence les premiers éléments permettant d’expliquer la
formation de ces tumeurs.
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