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Stimulation et développement du système nerveux |
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jeudi, 24 février 2005 |
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Page 1 of 5 Introduction. Les rôles respectifs de l'inné (génétique et lésionnel) et des
stimulations (dues à l'environnement, à l'éducation, à l'enseignement,
à la rééducation, …) dans le développement du cerveau constituent le
fond du débat «ture nurture», un des problèmes cruciaux tant de la
pédiatrie et de la puériculture que du monde de l'éducation. Le
balancier «ture - nurture » a probablement oscillé dans la «nscience de
l'Humanité» dès les débuts de la pensée humaine. Les mouvements
extrêmes de ce balancier dépassent souvent le niveau des connaissances
«jectives» du moment, le pendule recevant des poussées d'accélération,
tantôt dans un sens tantôt dans l'autre, dues aux progrès des
connaissances mais aussi aux craintes, aux ignorances, aux systèmes
sociaux et aux intérêts. Ce débat est plus actif que jamais en cette
fin de vingtième siècle; plusieurs raisons y contribuent, parmi
lesquelles des découvertes fragmentaires mais significatives de la
neurobiologie du développement et la prise de possession par l'Humanité
de clés techniques, conceptuelles et symboliques du code génétique.
Le débat «nature-nurture» comporte de nombreuses variantes: «acquis -
inné», «génétique - épigénétique », et d'autres encore,
l'environnement, les apprentissages, la stimulation «ychodynamique» au
sens large n'étant pas, loin s'en faut, des synonymes parfaits de l'
«épigénétique». L'interpénétration complexe des systèmes conceptuels
est bien illustrée par la citation de Sigmund Freud: « nous devons nous
souvenir que toutes nos idées provisoires en psychologie seront
probablement basées un jour sur une "substructure" organique», ce qui,
à ses yeux n'avait sans doute rien de contradictoire avec la
psychanalyse qu'il fondait.
Le développement optimal, c'est la
transformation du fœtus en une personne à la fois autonome, libre et
profondément insérée dans notre communauté humaine . La promotion du
développement n'est-elle pas la première raison d'être de la Pédiatrie
et la meilleure définition de ses actions ? La Pédiatrie est aussi un
organe de combat contre les défauts biologiques, psychologiques et
sociaux qui détruisent ou abîment, souvent de manière irréversible, le
développement de tant de fœtus et d'enfants.
Le cerveau est chez
l'homme une des clefs les plus cruciales du développement. Le cerveau
détient des outils et des contraintes biologiques de la pensée, de
l'intelligence, du comportement et de l'action . Il contrôle lui-même
le développement et le fonctionnement de beaucoup d'autres organes.
Il est malheureusement aussi la cible de choix de tous les ennemis et
de tous les dangers qui constamment menacent le petit de l'Homme dès sa
conception. Le cerveau humain adulte pèse environ 1.400 grammes
et contient peut-être une centaine de milliards de cellules nerveuses,
appelées neurones. La plupart sont produites dans le cerveau fœtal
avant le milieu de la grossesse (avant vingt semaines de grossesse) et
presque toutes ont pris leur place définitive dans le cerveau avant la
naissance. Une fois à leur place, les neurones se différencient et se
spécialisent et souvent s'associent à des neurones semblables pour
former un réseau. Les circuits cérébraux ont un rôle crucial,
particulièrement pour permettre et pour contrôler les processus
cognitifs et les diverses fonctions.
La construction du cerveau
commence tôt: à la cinquième semaine de la grossesse, le "tube
matriciel" profond qui produira toutes les cellules du cerveau s'est
formé et les grandes régions du futur cerveau sont déjà
reconnaissables. La production des neurones par multiplication
cellulaire au niveau du tube matriciel bat son plein au troisième et au
quatrième mois de grossesse: le rythme de production atteint alors
5.000 neurones à la seconde. Les cent milliards de neurones sont
produits le long du tube neural situé dans la profondeur du cerveau en
développement. Le rythme de production atteint 5.000 neurones à la
seconde. De là, les jeunes neurones à peine formés devront se déplacer
pour gagner la périphérie et y former le cortex (ou écorce, qui doit
justement son nom à cette localisation superficielle). Le trajet à
parcourir est long pour les neurones, surtout vers quinze semaines de
grossesse lorsque s'accroît l'épaisseur du cerveau; si nous comparons
la taille d'un jeune neurone et la nôtre, cela équivaudrait à notre
échelle à parcourir jusqu'à 14 km à pied. Chaque neurone doit atteindre
avec précision la place exacte qui lui est réservée. Il est donc
indispensable que les jeunes neurones soient guidés pour trouver leur
chemin; les guides qui ont été "prévus" pour eux sont des cellules
spéciales, les fibres gliales radiaires, qui sont des câbles tendus
entre le tube matriciel profond et la superficie du cerveau en
développement. Les neurones "migrent" de la profondeur où ils ont été
produits en glissant le long de ces guides auxquels ils "se tiennent".
Pour faire ce long voyage, les jeunes neurones en migration ont besoin
d'énormément d'énergie. Heureusement, cette énergie leur est fournie
par leur mère. Le groupement des fibres gliales radiaires en faisceaux
a été mis en évidence dans notre laboratoire; chacun des faisceaux de
fibres gliales radiaires guide un ensemble de neurones qui constituent
un "rayon de construction" du cortex cérébral.
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Last Updated ( jeudi, 24 février 2005 )
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