Accueil du site arrow Patients & Familles arrow Une chambre EEG vidéo en neurologie pédiatrique
Une chambre EEG vidéo en neurologie pédiatrique PDF Print E-mail
jeudi, 17 février 2005
Article Index
Une chambre EEG vidéo en neurologie pédiatrique
Page 2
Déroulement d'un EEG vidéo

Toute demande d'hospitalisation pour la réalisation d'un monitorage en EEG vidéo est adressée au médecin responsable de cette activité qui doit voir en consultation spéciale l'enfant et les personnes de l'entourage qui se chargeront de la surveillance de l'enfant pendant toute la durée de l'enregistrement.

Les parents reçoivent des explications sur les conditions de réalisation de l'examen :

  • présence obligatoire d'un parent pendant toute la durée de l'enregistrement,
  • modalités de l'examen clinique de l'enfant,
  • fiche de renseignements à remplir,
  • la nécessité de la lumière la nuit,
  • l'importance de l'installation de l'enfant : sans couverture sur lui, cadrage,
  • une chambre double.

Le programme d'EEG vidéo et les renseignements cliniques sont transmis au médecin du service des explorations fonctionnelles.

La date d'hospitalisation est programmée par le service de neurologie. L'enfant et sa famille doivent se présenter dans le service le dimanche avant 21 h.

Le lundi matin, l'interne du service, à l'aide de l'histoire clinique du patient, prépare le "dossier épilepsie". Pendant ce temps, la technicienne EEG s'occupe du "casquage" de l'enfant.

Une démonstration est faite aux parents sur l'utilisation de la télécommande et sur le cadre de l'écran de surveillance. Des explications sur la prise de notes sur la feuille de surveillance sont données.

L'EEG vidéo débute. Le changement de cassette par les infirmières a lieu toutes les quatre heures après identification et notification.

Le contrôle et la coopération entre le personnel des deux services pendant toute la durée de l'enregistrement restent indispensables.

À la fin de l'enregistrement, décidée en tenant compte du nombre de crises enregistrées, la technicienne EEG retire les électrodes, les cassettes et les feuilles de surveillance.

Les avantages d'un EEG vidéo dans le service

  • Une meilleure surveillance de l'enfant est assurée et, en cas de souci, l'accès aux médicaments et l'appel des médecins sont facilités.
  • Au sein du service, il est plus aisé de discuter de l'histoire de la maladie de l'enfant, de la reprendre et de la compléter grâce à la présence conjointe des médecins, des soignants et des parents.
  • Une transmission plus pertinente entre soignants, techniciens et médecins des deux services des différents événements survenus.
  • L'installation, le confort de l'enfant et de sa famille font partie d'une préoccupation permanente pour l'équipe soignante.
  • Une prise en charge globale du "couple" assure une meilleure réalisation de l'examen et une bonne satisfaction des familles.
  • Une coopération et une complémentarité existent entre les membres des deux services concernés, avec une participation commune à l'analyse des résultats.

Les inconvénients d'un EEG vidéo dans le service

Il existe un manque de formation, pour les infirmières de neurologie, sur certaines données techniques nécessaires au bon déroulement de l'EEG vidéo :
  • non reconnaissance des principaux artefacts et des signes EEG annonciateurs d'une crise,
  • conduite à tenir non précisée devant le décollement d'électrodes durant la nuit (absence de techniciens après 17 h 30),
  • installation des télévisions à un endroit discutable, au croisement du poste de soins et du couloir, très gênant pour l'intimité de l'enfant.

La chambre double est source de gêne pour l'enfant lui-même et entraîne des difficultés pour la surveillance et pour l'interprétation de l'EEG vidéo (bruit, discussions).

Conclusion

La mise en place d'un programme d'exploration et de prise en charge des épilepsies de l'enfant nécessite la participation de plusieurs membres de l'équipe de soins. Une formation adaptée du personnel, impliquant des connaissances d'interprétation de l'EEG, est indispensable.

Le personnel doit également participer à l'analyse des résultats et progressivement se former à examiner cliniquement les patients lors du déroulement d'une crise d'épilepsie.

L'organisation structurelle du service doit prévoir non seulement une ou plusieurs chambres individuelles, permettant la réalisation du monitorage dans des conditions optimales mais aussi un minimum de confort pour l'enfant et les accompagnants (télévision, jeux, possibilités de repos pour la famille), ainsi qu'un poste de soins équipé de télévisions à l'abri des regards.

Le service de neurologie-maladies métaboliques de Robert-Debré AP-HP

Le service de neurologie/maladies métaboliques a ouvert en mars 1996. Ce service n'était pas prévu dans la fiche de structure à l'ouverture de l'hôpital Robert-Debré (Paris 19e) en mai 1988, c'est pourquoi il a été installé dans une partie du service d'ORL.

Il se compose de dix lits répartis en cinq chambres doubles, dont deux sont équipées de moyens de télésurveillance et d'enregistrement. Le petit nombre de lits conduit fréquemment à l'hospitalisation d'un certain nombre d'enfants dans d'autres services de l'hôpital.

Dans un premier temps, deux chambres ont été équipées d'un système visuel permettant d'observer et d'enregistrer (polysomnographie) les enfants sur des cassettes vidéo. Puis le projet de développer la prise en charge des épilepsies de l'enfant a été envisagé puis adopté.

Un système d'EEG vidéo a donc été installé dans le service et il est fonctionnel depuis avril 1999.

Les auteurs

Patricia Alexandre, Nathalie Charpentier, Marie-Thérèse Métivier, Anne-Marie Ruter, services de neurologie/maladies métaboliques et explorations fonctionnelles, Hôpital Robert-Debré, AP-HP, Paris (75).


Last Updated ( jeudi, 17 février 2005 )
< Prev   Next >