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V
La gliogenèse et la prolifération gliale
La
glie comprend trois types cellulaires : les astrocytes, les
oligodendrocytes et la microglie (macrophages du cerveau).
L’origine des
astrocytes néocorticaux semble être double (12).
- Après la fin de la migration neuronale, les fibres
gliales radiaires se transforment en astrocytes qui se retrouvent
principalement dans les couches neuronales profondes infragranulaires du
néocortex et dans la substance blanche. Cette transformation fait appel à une
digestion autophagique des prolongements apicaux de ces cellules et à une
translocation du noyau de la zone germinative vers la substance blanche.
- D’autre part, la zone germinative produit tardivement,
après la période de neurogenèse, des précurseurs gliaux qui migrent dans les
couches corticales supragranulaires sans passer par le stade de fibre gliale
radiaire. Chez l’homme et donc chez le prématuré, cette prolifération
astrocytaire survient entre 24 et 32 semaines de grossesse avec un pic de
prolifération vers 26 semaines.
Les astrocytes
ont maintenant des rôles importants bien caractérisés aussi bien pendant
le développement cérébral que plus tard chez l’adulte. Outre la guidance
mécanique et métabolique des neurones migratoires par les fibres gliales
radiaires, ils favorisent la guidance axonale, stimulent la croissance
neuritique et ont des rôles dans le transfert de métabolites des vaisseaux aux
neurones, l’établissement des structures astrogliales préfigurant
l’architecture neuronale et/ou axonale, la sécrétion de la matrice
extra-cellulaire, la régulation du potassium extra-cellulaire, la sécrétion des
substances trophiques pour les neurones, la phagocytose des débris cellulaires
et la formation de la barrière piale et hémato-méningée. Les fibres gliales
radiaires du fœtus ou du prématuré humain seraient aussi capables d’engendrer
des neurones ; certains astrocytes de la zone sous-ventriculaire et de
l’hippocampe garderaient un potentiel neuronogénétique dans le cerveau adulte
(9).
VI La
myélinisation
La
myélinisation est la formation des gaines de myèline autour des axones,
expliquant l’aspect de la substance blanche en opposition à la substance grise
qui en dépourvue. Elle se poursuit longtemps après la naissance et entraîne une
augmentation marquée de la vitesse de conduction axonale. Cependant son rôle
dans la maturation neurologique, longtemps considéré comme essentiel, semble
plus réduit actuellement. Chez l’humain et chez l’animal, il y a de nombreux
exemples où la myélinisation est dissociée de la fonction : myélinisation
précoce des voies visuelles chez l’humain alors que la maturation est plus
lente, a contrario myélinisation
tardive des voies auditives (un à deux ans post-natals) alors que la fonction
auditive est mature bien avant deux ans ;
absence de myélinisation au-delà de la partie supérieure du tronc
cérébral chez le chaton de 14 jours alors qu’il est capable de regarder,
entendre et se déplacer.
Dans
la substance blanche, la myéline est produite par les oligodendrocytes. Chez
l’homme, 4 stades de maturation de l’oligodendrocyte ont été décrits : la
cellule progénitrice précoce d’oligodendrocyte , la cellule progénitrice
tardive d’oligodendrocyte, l’oligodendrocyte immature et l’oligodendrocyte
mature. Le deuxième stade est le stade dominant dans la dernière moitié de la
grossesse ; c’est aussi le plus vulnérable aux processus
d’hypoxie-ischémie cérébrale et aux stress oxydatifs jusqu’à la période de 32
semaines qui précède le début de la myélinisation (1).
VII
La maturation fonctionnelle des circuits neuronaux – Les neuro-transmetteurs
Très tôt au
cours du développement cérébral, les neurotransmetteurs et les
neuro-modulateurs apparaissent. Ainsi les catécholamines sont trouvées chez
l’embryon même avant la différentiation des neurones. Ils ont alors un rôle morphogénétique ou
trophique.
Les
neurotransmetteurs ont ensuite une action essentielle dans la formation des
circuits puis le fonctionnement des réseaux neuronaux. Les neurotransmetteurs
et les neuro-modulateurs peuvent promouvoir, amplifier, bloquer, inhiber ou
atténuer les signaux micro-électriques qui passent à travers eux. Ces agents
sont parfois exprimés transitoirement abondamment pendant certaines périodes
critiques du développement ; puis ils jouent par la suite un rôle moindre
dans une petite proportion de synapses.
Le glutamate est le principal neurotransmetteur
excitateur du cerveau en développement. La transmission synaptique est assurée
principalement par l’intermédiaire du récepteur N-méthyl-D-aspartate
(NMDA) présent en grand nombre dans le cerveau immature. L’ontogenèse du
récepteur NMDA a été bien étudiée ces dernières années. Au moins six types
de sous-unités ont été décrites
qui, par diverses combinaisons, forment
un complexe multimérique associé à un canal calcique. Leur synthèse est
contrôlée par trois familles de gènes dont le profil varie au cours du
développement et selon les régions étudiées (7). Le récepteur NMDA joue un rôle
important dans la transmission synaptique excitatrice mais aussi dans la
plasticité à l’origine des processus d’apprentissages et de mémorisation, et
dans le développement pré- et post-natal du SNC incluant les phénomènes de
prolifération et de différentiation cellulaire, la pousse axonale et les
processus d’apoptose neuronale.
Dans le cerveau immature, la transmission est lente
et faible du fait de la présence de la sous-unité NR2B au sein du récepteur. Au cours de
la maturation, la substitution de la sous-unité NR2B par la sous-unité NR2A au
sein du récepteur NMDA et le remplacement de nombreux récepteurs NMDA par des
récepteurs a-amino-3-hydroxy-5-méthyl-propionate
(AMPA) sur la membrane post-synaptique permettent d’assurer une transmission
synaptique rapide. Des travaux récents suggèrent un rôle différent pour les
récepteurs NMDA synaptiques et extra-synaptiques (8). La stimulation des
premiers auraient des effets anti-apoptotiques, à l’origine de signaux de
croissance et de survie cellulaire (tels que le facteur de transcription CREB,
protéine liant l’élément de réponse via l’AMPc et le BDNF, facteur
neurotrophique dérivé du cerveau) tandis que la stimulation des derniers
seraient responsables d’une perte du potentiel de la membrane mitochondriale
entraînant un déficit énergétique et la mort cellulaire (18). Un blocage des
récepteurs NMDA synaptiques par des antagonistes durant la période de
développement des circuits ou une stimulation excitotoxique des récepteurs NMDA
extra-synaptiques par des agonistes glutamatergiques sont à l’origine d’une mort neuronale apoptotique
(7, 11). Chez le très grand prématuré ou le fœtus de même terme, de très
nombreux sites de reconnaissance du glutamate sont observés dans les noyaux
gris centraux et les neurones étoilés du striatum sont très riches en
synapses glutamatergiques. Ces données expliquent au moins partiellement la
très grande vulnérabilité à l’hypoxie-ischémie de ces structures et les
fréquents troubles du comportement observés ultérieurement chez ces enfants
(17). Ces données permettraient aussi d’expliquer la relative protection des
neurones corticaux du grand prématuré (par comparaison au nouveau-né à terme)
soumis à une hypoxie-ischémie (10, 16).
Un autre
neurotransmetteur, l’acide g-aminobutyrique (GABA), inhibiteur dans le cerveau
adulte, a lui aussi des propriétés excitatrices au cours du développement (2).
Le cerveau du macaque acquiert une maturité importante dès les deux derniers
mois de gestation (14). Par enregistrement électrophysiologique de cellules
nerveuses d’hippocampe, il a été montré que de nombreuses synapses
fonctionnelles apparaissent 8 jours avant la naissance, formant un réseau
neuronal complexe capable de générer un comportement et des activités
intégratives. Ces premières synapses sont de type gabaergiques, mais
contrairement à l’adulte elles sont excitatrices.
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